Qui suis-je ?

Sur les deux images, c’est moi. Et pourtant je ne suis pas le même. Alors, qui suis-je ?

Je n’ai pas la réponse à cette question.

Bien sûr, je pourrais vous dire que je suis né par un beau jour du mois de mai de l’année 1956 et que j’ai grandi dans un petit village de Dordogne. Je pourrais évoquer mes années de lycée à quelques kilomètres de là et une tentative de fac de droit qui a débouché sur une carrière d’infirmier psychiatrique. Je pourrais aussi vous parler de ma vie affective (non, pas cette fois-ci), spirituelle… Et je pourrais terminer en disant que depuis quelques années, j’ai un nouveau statut social, dit de « retraité ».

Voilà des choses que j’ai – un genre, un âge, une profession, une situation familiale, un rôle social, et je pourrais en citer d’autres – mais rien qui ne permette de dire qui je suis. Dommage…

Et la photo dans tout ça ?

Un de mes premiers salaires m’avait permis d’acheter un réflex avec un zoom. J’étais captivé par l’enregistrement de l’image et sa restitution sur un morceau de papier qu’on pouvait montrer et commenter. Je m’étais donc lancé dans l’apprentissage de la photo en autodidacte à travers livres et revues, mes prestations ne dépassant pas le cadre familial et amical. Puis dans mon travail, j’ai co-animé pendant 5 ans un atelier photo sous la supervision d’un photographe professionnel. J’ai ensuite obtenu une formation individualisée qui m’a permis de m’initier au reportage. J’ai poursuivi ce parcours par des confrontations de pratiques et des ateliers de formation en photo-club et association.

Et maintenant ?

Peu à peu, la photo est devenue pour moi un moyen d’expression pour raconter une histoire, un médiateur pour aller à la rencontre de l’autre. C’est une démarche, aussi bien dans le sens premier de ce qui est relatif à la marche que dans la manière de traiter un sujet. C’est ainsi que je raconte des voyages à pied, que je parle de quête spirituelle, que je cherche l’émotion dans un visage et que, de manière plus globale, je m’intéresse à l’humain dans son cadre de vie et ses différentes formes d’expression. Tout cela étant sans doute une manière d’approcher la question du début : « qui suis-je ? », « qui sommes-nous ? ».