A la folie !
J’ai grandi à l’ombre de la paranoïa de mon père, puis à l’adolescence la question « qui suis-je ? » a frisé la pathologie, jusqu’à ce que je rencontre les spiritualités orientales et les thérapies occidentales qui m’ont ancré dans une existence qu’on pourrait qualifier de « normale », ce qui m’a permis entre autres de faire une carrière d’infirmier en psychiatrie… Mais 10 ans après la cessation de cette activité, je n’en avais pas terminé avec la folie.
Vécus personnels et expériences professionnelles m’ont servi à créer l’histoire de ce couple qui a commencé en effeuillant la marguerite. Au départ, je ne voulais travailler qu’avec un modèle, une femme qui aurait symbolisé la folie. Mais pour éviter le cliché de la folle hystérique et pour représenter les aspects masculin et féminin d’une même personnalité, j’ai décidé de me mettre en scène, d’où ce couple improbable dont le premier symptôme est l’incommunicabilité, matérialisée par la ligne de séparation des diptyques.
Cette série ne prétend pas décrire précisément ce qu’est la folie, la mienne ou celle des autres, mais veut interpeler le spectateur et l’amener à se questionner sur ses propres zones d’ombres parce que bien entendu, il n’y a pas de frontière délimitée entre les « fous » et les « normaux », mais une graduation subtile.
Un peu, beaucoup, à la folie…
« Mais c’est quoi la folie ? » a dit la marguerite.
« C’est l’effeuilleuse » ont répondu les doigts du destin.
Au départ, c’est une histoire d’amour qu’on se raconte pour ne pas oublier
Et puis c’est un mauvais conte qu’on oublie pour croire qu’on peut aimer.
On, je, enjeu, mais qui est tu ?
La mort dans l’âme, je ne retiens pas ses larmes.
Puis je range les armes et elle hurle son drame.
Entends-tu mes ombres, toi qui cherches ta voix ?
Elle s’aime, lui tue.
Ils viennent et s’en vont
Ils n’ont pas de nom.






